© D. Daguier – CD50

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FAVORISER DES PARCOURS
DE VIE
SANS RUPTURE

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LA PAROLE À…

Sylvie Gâté et Christèle Castelein

Sylvie Gâté, conseillère départementale en charge des personnes handicapées, présidente de la CDAPH* et Christèle Castelein, conseillère départementale en charge de la transformation de l’offre médico-sociale

Quel est le rôle du Département en matière de handicap ?

« S’il nous revient d’abord d’apporter une aide humaine ou technique, à travers le versement des prestations compensant la perte d’autonomie, nos compétences vont bien au-delà. L’enjeu, plus largement, est d’orienter les personnes handicapées, dans le respect de leur projet de vie, en accord avec leurs choix. Les accompagner au mieux avec les moyens qui nous sont alloués bien sûr, en proposant une offre de services calibrée aux besoins de chacun. C’est bien la personne, sa vie et ses souhaits qui sont au cœur du sujet.  À travers les différents services d’accompagnement, l’accueil temporaire ou encore familial (un métier gratifiant qui mériterait d’être davantage développé et mis en valeur), l’aide aux aidants pour leur accorder un peu de répit…, une de nos premières ambitions est de favoriser le maintien à domicile, le plus longtemps possible. Mais selon le degré de handicap, on ne peut pas pour autant se passer d’établissements sociaux ou médico-sociaux, qu’il s’agisse d’ESAT, de foyers d’accueil occupationnels ou médicalisés, pour lesquels l’ouverture de places est également une de nos priorités.  Chaque situation est unique, nous devons y porter un regard toujours plus attentif. C’est aussi l’enjeu de la démarche « Une réponse accompagnée pour tous », dans laquelle nous nous inscrivons pleinement, qui vise à faire évoluer la coordination de tous les acteurs impliqués pour construire, avec les personnes et leur famille, des solutions adaptées qui leur permettent d’avoir un parcours de vie sans rupture.

D’autres réponses peuvent-elles être apportées ?

« Au-delà des options « ordinaires », entre la vie à domicile ou en établissement, le Département souhaite développer une palette de solutions intermédiaires, où la mixité sociale a toute son importance. En matière d’habitat par exemple, nous soutenons des dispositifs innovants, qui donnent la priorité à des parcours inclusifs adaptés, répondant à des besoins différents (voir page 19). C’est le cas par exemple de la résidence Ti Hameau, à Cherbourg-en-Cotentin, ou du projet « Famille gouvernante », bientôt mis en place à Coutances, qui permettent à des personnes en situation de handicap moteur ou psychique de vivre de façon plus autonome, grâce à un accompagnement spécifique.
Il existe des solutions, il faut y travailler conjointement avec tous les acteurs, innover dans l’accompagnement et dans l’accueil. L’ARS, les associations, et nous, Département, avons intérêt à emprunter les mêmes chemins pour travailler en toute intelligence dans l’intérêt de la personne. Et tendre ainsi toujours plus vers une société inclusive.

Comment aller justement vers une société plus inclusive ?

« Les personnes handicapées ont droit et aspirent à un parcours de vie allant vers l’autonomie. » C’est bien cette notion de droit commun, explicitée dans la Convention internationale des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (adoptée en 2006 et ratifiée par la France en 2010), qu’il faut d’abord comprendre. Une société inclusive garantit aux personnes handicapées l’exercice de leur pleine citoyenneté et reconnaît leur droit de vivre dans la cité, avec la même liberté de choix que les autres.
Aujourd’hui encore, une personne handicapée est vue comme quelqu’un de différent, or c’est un être à part entière, avec un esprit, des envies, des attentes. Il faut la considérer comme un être de désir et non seulement de besoins. Les mentalités évoluent (une mutation a commencé avec l’école inclusive), mais ce que l’on ne connaît pas a tendance à faire peur. Il reste des tabous et encore du chemin à faire pour changer pleinement de regard. Souhaitons une société inclusive dans laquelle les places de parking ne seraient pas identifiées pour les personnes handicapées mais toutes adaptées, où n’importe quel enfant pourrait être accueilli dans n’importe quelle école, où l’on vivrait non pas simplement côte à côte mais ensemble. »

* Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées.

Une société inclusive, c’est une société sans privilèges, exclusivités et exclusions, qui ne défend pas seulement le droit de vivre
mais celui d’exister.

(Charles Gardou anthropologue)

MAXIME, LA BANANE !

Du FJT aux cuisines du lycée Curie, du terrain de foot aux cours de guitare,
ce Saint-Lois de 27 ans est un garçon heureux.

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