© D.Daguier CD50

Nicolas ne manque pas de souffle !

Nicolas Eustache est un fonceur. À 21 ans, ce jeune souffleur de verre a fait de sa passion son métier, dans la Manche. Poussons les portes de son atelier-boutique, à Bricquebec-en-Cotentin.

Les gestes sont précis, minutieux, maîtrisés à la perfection. Devant son four chauffé à 1 200°C, Nicolas Eustache façonne avec une aisance déconcertante une boule de verre plongée dans la fournaise. La matière en fusion se mue peu à peu, rougeoie, et devient aussi malléable que de la pâte à modeler… Il est temps de la sortir du four pour la travailler. L’artisan souffle le verre brûlant pour lui donner la forme voulue. Ce sera un vase. Pas une minute à perdre, le verre n’attend pas et refroidit à vitesse grand V. « Ensuite, je place le vase dans un autre four à 500°C, pour le faire progressivement redescendre en température », détaille Nicolas. Quelques heures de patience et la pièce sera fin prête.

Le déclic à 7 ans

Ces gestes ancestraux de souffleur de verre, il les a découverts à travers ses yeux d’enfants. Il avait 7 ans. « Je suis allé en vacances en Lorraine avec mes parents et j’ai vu travailler un souffleur de verre. J’ai été impressionné et admiratif… ».
Une véritable révélation. « J’ai tout de suite compris que c’était ça que je voulais faire plus tard. » L’idée ne le quitte plus. Une dizaine d’années plus tard et un CAP cuisinier en poche, pour rassurer ses parents, Nicolas quitte Bricquebec direction la Lorraine. Ce sera pour mieux y revenir deux ans plus tard, un CAP souffleur de verre décroché haut la main. « Durant ma formation, j’ai eu la chance d’apprendre le métier auprès de grands souffleurs de verre, et notamment Luigi Dei Rossi, maestro de Murano. » Bref, ce qui se fait de mieux en la matière !

De retour dans la Manche, c’est « chez lui », à Bricquebec, qu’il décide de poser ses valises. « S’installer à 20 ans, c’est un pari osé », concède le jeune souffleur de verre. Au printemps dernier, il réalise ce rêve un peu fou. Dans une cour intérieure, au cœur de la commune, Nicolas souffle le verre dans son atelier. Dans la petite boutique qui jouxte son espace de travail, il expose et vend ses créations. Figurines de chats ou de cygnes, vases, plats, mais également bijoux, « l’inspiration me vient comme ça… ».

Partager l’amour de son métier

Les premiers mois de son activité sont prometteurs. « J’ai eu beaucoup de visiteurs cet été, et je me suis déplacé sur plusieurs foires et marchés pour faire des démonstrations, grâce à mon four portatif. » Ces animations, il souhaite aujourd’hui les développer. « J’aime montrer ce savoir-faire et transmettre ma passion. » Un amour du métier qu’il partage aussi avec les stagiaires qu’il accueille. Jamais à court de projets, Nicolas se projette déjà dans l’avenir. Dans ce même esprit de partage, « je vais travailler avec d’autres artisans pour créer des pièces uniques, mêlant par exemple le verre soufflé et le bois, la pierre ou encore la poterie. » Une association de matière et d’univers qu’il imaginera notamment avec une potière de Bricquebec. Un nouvel exemple de son attachement à son territoire, qui transpire jusque dans le nom de son atelier-boutique : Le souffle du Cotentin.

 À DÉCOUVRIR EN VIDÉO

Dans l’atelier de Nicolas

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