SÉCURITÉ CIVILE, UNE VISION PARTAGÉE DES ENJEUX

LA PAROLE À…

Jacky Bouvet, président du SDIS 50, conseiller départemental en charge de la sécurité civile
© CD50 – David Daguier

Comment s’organise
notre sécurité civile ?

« Il est important de rappeler que le service départemental d’incendie et de secours (SDIS) s’inscrit dans un mode de gouvernance où les autorités concernées (préfet et élus) agissent en coresponsabilité, avec une vision partagée des enjeux et des problématiques.
Depuis la loi de départementalisation (effective dans la Manche dès le 1er janvier 2000), la sécurité civile est devenue une compétence départementale. 

Cela se traduit par une convention pluriannuelle conclue avec le Département, qui définit les relations entre la collectivité et le SDIS, et passe aussi par une contribution annuelle au fonctionnement du SDIS, équivalente à celle des communes et EPCI, à hauteur de près de 17,2 M€ en 2017 (46,25 % du budget total), ainsi que par un budget dédié à l’investissement, d’un peu plus de 3,1 M€ (soit une subvention de 84 %).
REPÈRES

Créé en 1955, le service départemental d’incendie et de secours (SDIS) est un établissement public administratif, placé sous la double autorité :
> du président de son conseil d’administration (composé de 22 membres élus : 14 conseillers départementaux et 8 maires ou représentants des EPCI de la Manche), pour la gestion administrative et financière
> du préfet, pour la direction opérationnelle et la mise en œuvre de l’ensemble des moyens de secours et de lutte contre l’incendie, auxquelles les maires participent à l’échelon communal.

Sa gestion dans la Manche a-t-elle des spécificités ?

Dans un souci d’efficacité et d’optimisation du budget, le SDIS 50 et le conseil départemental ont en effet mis en place un mode de gestion innovant des secours, en décidant de conjuguer leurs moyens. Nous avons ainsi développé des mutualisations en matière de marchés publics (groupements de commandes), de ressources humaines (par le biais de mises à disposition de personnels), ou encore de communication. Et nous partageons désormais (depuis 2016) un service de gestion des bâtiments, pour être plus performants dans ce domaine.

Concernant le patrimoine bâti, une des particularités du Département est aussi qu’il prend en charge la quasi-totalité des travaux de construction. Rappelons que le parc immobilier du SDIS est composé de 57 bâtiments au total. De 2017 à 2020, 13,5 M€ seront investis pour la restructuration, l’extension ou la reconstruction des centres de secours. Les prochains projets : la réalisation de nouveaux centres de secours à Tourlaville, Équeurdreville et Saint-Jean-de-Daye, ainsi que l’aménagement du plateau technique sur la commune du Dézert. 

À Cerisy-la-Salle, le nouveau centre de secours et le centre d’entretien routier ont la spécificité d’être regroupés sur un même site. © Cotentin drône 

Quels sont les enjeux et défis du SDIS 50 ?

Le développement et la pérennisation du volontariat sur l’ensemble du territoire sont au cœur de nos priorités. Dans la Manche, s’ils sont plus de 2 000 hommes et femmes d’horizons différents à s’engager à notre service, en parallèle de leur activité principale (étudiant, salarié), le SDIS 50 recrute de nouveaux sapeurs-pompiers volontaires chaque année.
Il doit avoir les moyens de répondre à ses objectifs opérationnels et disposer d’hommes disponibles aux heures ouvrées pour assurer les secours de proximité d’urgence. C’est tout l’enjeu des conventions de mise en disponibilité, signées avec les entreprises et collectivités.

Cela s’inscrit dans la poursuite d’une politique de solidarité territoriale qui garantit, en tout point du département, une équité et une efficacité de traitement en matière de sécurité civile. Pour accompagner la mission de sensibilisation et d’éducation à la citoyenneté du SDIS, le conseil départemental a également décidé de mettre en place des sections de “cadets de la sécurité civile”. L’enjeu : développer les valeurs portées par les sapeurs-pompiers et l’engagement citoyen des jeunes Manchois, voire susciter des vocations ! Créé en 2016, ce dispositif expérimental a fait l’objet d’une convention entre le SDIS 50, le Département, le rectorat de l’académie de Caen et la préfecture de la Manche. II vient d’être élargi à la rentrée à cinq autres établissements du département. »

REPÈRES

Créé en 1955, le service départemental d’incendie et de secours (SDIS) est un établissement public administratif, placé sous la double autorité :
> du président de son conseil d’administration (composé de 22 membres élus : 14 conseillers départementaux et 8 maires ou représentants des EPCI de la Manche), pour la gestion administrative et financière
> du préfet, pour la direction opérationnelle et la mise en œuvre de l’ensemble des moyens de secours et de lutte contre l’incendie, auxquelles les maires participent à l’échelon communal.

FAVORISER L’EXERCICE DU VOLONTARIAT

7 novembre 2016 : en signant la convention de disponibilité de 39 de ses agents, sapeurs-pompiers volontaires, le conseil départemental souhaite participer, en tant qu’acteur solidaire du territoire, à la continuité et à la qualité des secours de proximité.
© CD50 – David Daguier

À NOTER
137 conventions employeurs pour 411 SPV, 8 conventions avec des employeurs privés et 14 avec des collectivités ont été signées en 2016.
LE SAVIEZ-VOUS ?

Pour devenir sapeur-pompier volontaire, il faut notamment :
> être âgé de 16 à 55 ans
> habiter ou travailler dans un rayon de 5 à 7 minutes
du centre de secours de sa commune, pour être présent le plus rapidement possible en cas de besoin
> suivre une formation de 27 jours (pouvant être répartis sur une période maximale de 3 ans)
> s’engager pour 5 ans à exercer l’activité
avec obéissance, discrétion et responsabilité

Afin de garantir la disponibilité opérationnelle des sapeurs-pompiers volontaires (SPV), le SDIS 50 encourage la signature de conventions avec les entreprises privées et collectivités territoriales. Un partenariat qui précise les modalités pratiques et l’aménagement du temps de travail, toujours permis de façon à être compatible avec la nécessité de fonctionnement. Grâce à un logiciel de gestion individuelle de disponibilité en temps réel, le SDIS 50 assure une organisation optimale des SPV, limitant leur sollicitation. Seul le personnel strictement nécessaire se trouve engagé en intervention, par ordre de priorité et en fonction des besoins opérationnels.

Accorder une disponibilité à un employé représente un engagement, qui plus est, contribue à préserver le tissu social et l’entraide au niveau local. Ludovic Dupray, directeur de site chez Reffuveille Industrie (à Percy), n’a pas hésité à signer cette convention. « Cet accord écrit avec les pompiers permet d’officialiser les arrangements pour les récupérations d’heures, lorsque le salarié concerné doit décaler*. C’est une démarche citoyenne, dans la logique des choses. Et on arrive toujours à s’organiser. »

* « Partir en intervention », dans le jargon des pompiers.

 À DÉCOUVRIR EN VIDÉO

Clip national volontariat

Share This