LE PARI RÉUSSI D’UN GARAGE SOLIDAIRE

Cette jeune entreprise d’insertion, sous statut associatif, œuvre pour l’emploi et la mobilité dans le bassin saint-lois. Gaëtan Cotigny, directeur et cofondateur, nous en dit un peu plus.

Jacques Marquet, président de l’association, et Gaëtan Cotigny, directeur. © CD50 – David Daguier

Ouverture en novembre

Activité

Entretien et réparation toutes marques ; vente de véhicules d’occasion (en fonction des ressources)

salariés

dont 1 employée administrative et 3 mécaniciens en réinsertion, encadrés  par 1 chef d’atelier

 CONTACT

31 ter, rue Guillaume Michel
50180 AGNEAUX
02 33 72 09 90

propulsion50

Comment ce
projet est-il né ?

Jacques Marquet, président de l’association, a eu l’idée et m’a très vite mis dans la boucle. On a commencé à travailler ensemble pour établir un diagnostic sur la mobilité. Dans un département rural, avec des communes parfois peu desservies par les transports en commun, des trajets entre 5 et 15 km pour se rendre au travail et des salaires moyens relativement bas, les enjeux et contours du projet se sont rapidement dessinés.

Entre la page blanche et l’ouverture du garage, il nous a fallu environ un an. Dès le début, on a choisi de se diriger vers un projet d’insertion et opté pour ce statut un peu particulier, qui correspondait à ce que l’on voulait faire. Si on est soumis aux mêmes obligations qu’une entreprise, c’est l’association qui chapote, avec l’avantage d’être considérée d’intérêt général.

Des tarifs de main-d’œuvre adaptés aux ressources des clients.

Quelles sont
ses spécificités ?

Nos prestations sont les mêmes que celles d’un garage traditionnel, mais notre première particularité est de proposer des tarifs de main-d’œuvre adaptés aux ressources des clients, selon un barème établi en fonction du revenu annuel. Environ 70 % de notre clientèle dispose de revenus modestes, mais nous sommes ouverts à tous, sans exception. Nous employons par ailleurs des personnes en réinsertion professionnelle (en CDDI*), qui ont besoin d’un tremplin. L’objectif est de les accompagner vers le retour à l’emploi. En quelques mois seulement, deux d’entre eux ont déjà retrouvé un emploi durable ou une formation (on parle de « sortie positive »). L’idée est que les garages voisins puissent nous identifier comme un vivier potentiel de main-d’œuvre : il n’y a pas de concurrence, mais une collaboration entre nous.

Quel bilan au bout d’à peine un an ? Et quel horizon ?

L’activité a très vite décollé et dépassé nos espoirs d’environ 50 %. Avec un taux de 90 % de devis transformés en factures (900 depuis l’ouverture) et 20 véhicules vendus à bas prix, nous répondons à un vrai besoin. Le plus important : nos clients sont satisfaits et les gens, sensibles à notre démarche. C’était un pari, mais la bienveillance de la presse locale au démarrage, et puis le bouche-à-oreille, notre meilleure publicité, ont contribué à cette réussite. Pourquoi pas, à terme, envisager le développement d’autres garages au-delà du Saint-Lois, mais on consolide déjà celui-là ! Pour l’instant, on souhaiterait développer la vente de véhicules d’occasion, car la demande dépasse largement l’offre. Mais les véhicules à bas prix exploitables sont des denrées rares. Notre défi : inciter les gens à entrer dans une démarche citoyenne en pensant au don (qui ouvre droit à une réduction d’impôt intéressante de 66 % de la valeur estimée du véhicule), avant la casse ou les sites de vente à prix réduit. Convaincre que c’est un cercle vertueux, où tout le monde est gagnant.

* Contrat à durée déterminée d’insertion de 4 mois renouvelables, dans la limite de 2 ans.

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