Jérôme Moulin, président de l’association Amarrage (au centre), lors d’un atelier.

Remettre les patients à flots

Remettre les patients à flots

logo, toutes pour elles

En retapant des bateaux, l’équipe de l’association Amarrage soigne aussi des femmes et des hommes souffrant de troubles psychiatriques. C’est à Cherbourg-en-Cotentin et ça dure depuis trente ans !

Création

Activité : resocialisation de personnes atteintes de troubles psychiatriques
Nombre d’adhérents : 140

  CONTACT

06 84 48 17 77
amarrage@yahoo.fr
amarrage-asso.fr
  amarrageasso

ENTRETIEN AVEC…

Jérôme Moulin, président d’Amarrage

Comment est née l’aventure Amarrage ?

Ce projet, c’est avant tout celui d’une équipe de soignants de la Fondation Bon Sauveur de Picauville. Avec son soutien, nous souhaitions mettre en place une structure permettant aux personnes touchées par des troubles mentaux de recréer du lien avec les autres. Les hasards des rencontres ont fait que nous avons eu l’opportunité de rénover un bateau… C’était en 1990 et nous avons commencé avec la restauration de l’Angélus, une vaquelotte du Cotentin. Depuis, nous continuons cette activité et proposons d’autres ateliers, comme la chorale de chants marins ou la navigation… La dimension maritime reste très présente !

À qui s’adresse l’association ?

Si Amarrage a été créée pour accompagner les personnes souffrant de handicap psychique, sa force et son originalité résident dans le fait de brasser des femmes et des hommes aux profils et horizons différents. Dans les ateliers, se croisent aussi bien les patients, d’hier et d’aujourd’hui, que les passionnés de bateaux… L’association est ouverte à tous et chacun y trouve sa place. C’est la même démarche pour la chorale ou lors des repas qui sont pris en commun presque tous les midis de la semaine.

Quels sont vos objectifs ?

Ces moments très conviviaux et de partage s’inscrivent bien entendu dans un projet de soins. Derrière toute cette démarche, nous visons des objectifs thérapeutiques. Ici, les infirmiers tombent la blouse blanche et c’est une nouvelle relation « soignant-soigné » qui se crée, en dehors du cadre habituel.

En quoi les activités que vous proposez sont bénéfiques aux patients ?

La restauration des bateaux ou l’atelier chorale sont des prétextes pour travailler sur de nombreux aspects. Toutes ces activités sont tout d’abord un formidable vecteur pour provoquer des rencontres et des échanges, et changer le regard sur la maladie mentale. Nous avons aussi l’avantage de proposer une grande souplesse dans notre fonctionnement. Chacun peut avancer à son rythme. Enfin, nous développons chez les personnes que nous suivons de nouvelles compétences et une plus grande autonomie. Pas à pas, elles reprennent confiance en elles. »

> La vaquelotte, star de l’atelier !

Dans son atelier du boulevard de La Hague, à Querqueville, Amarrage s’est fait une spécialité : la rénovation des vaquelottes du Cotentin. « Il s’agit d’un bateau traditionnel local, adapté à la pêche et aux forts courants du secteur », résume Jérôme Moulin. Chaque année, un à deux bateaux traditionnels sortent des ateliers, entièrement rénovés. « Chaque remise à l’eau est un moment de joie et de fierté pour l’ensemble des personnes qui ont travaillé sur le projet ». Une façon aussi, pour l’association, d’œuvrer à la préservation du patrimoine maritime local.

Dans les ateliers d’Amarrage

© D. Daguier – CD50

# POUR ALLER PLUS LOIN

« Littoral, des bateaux qui restaurent des hommes » (France 3, oct 2017, 26 min)


Réagir à cet article

Share This